
(Une posture historique, mais stratégique pour la famille?)
De Cotonou à Bohicon et sur bien d’autres fronts, le peuple béninois a été témoin de l’activisme de l’ancien président Nicéphore Soglo pour l’élection, à la magistrature suprême, de Romuald Wadagni. Pendant que ces deux fils Léhady et Ganiou ont fait l’option d’un silence historique durant le processus électoral, le patriarche était à fond sur le terrain pour la cause, malgré le poids de l’âge.
Élu président de la République du Bénin avec plus de 94% des suffrages exprimés au terme du scrutin du 12 Avril 2026, Romuald Wadagni aura bénéficié, pour le compte des grands électeurs, du soutien constant et hautement symbolique de Nicéphore Soglo.. Entre déclarations publiques, témoignages en faveur du candidat, et appel à voter pour lui, l’ancien chef de l’État a fait preuve d’un soutien sans faille. Autant il était physiquement présent à divers meetings de Romuald Wadagni, autant il était présent dans les médias à travers des publications. Une posture qui contraste, cette fois-ci, avec celles des enfants Ganiou et Léhady Soglo.
Alors qu’on s’attendait, dans l’opinion, à une prise de position également de la part de chacun des deux enfants, comme c’est le cas par le passé. Du moins, depuis la perte du pouvoir par la famille présidentielle en 1996. Erreur ! En exil en France depuis près de dix ans, l’ancien maire de la ville de Cotonou n’a pipé mot depuis trois ans, contrairement à ses habitudes entre 2017 et 2023 où ses interventions étaient contre la gouvernance du président Patrice Talon et il appelait le peuple béninois à voter pour le parti de l’opposition Les Démocrates de l’ancien président Yayi Boni.
Du côté de Ganiou Soglo, l’ancien ministre de Yayi Boni jusqu’en juillet voire septembre 2025 était encore présent dans les médias à travers ses sorties contre le pouvoir de Patrice Talon. On se souvient de son rapprochement de Yayi Boni à qui il a même rendu visite dans des tractations à quelques semaines du dépôt de candidatures pour les élections générales de 2026. Ce qu’on retient également du fils cadet de l’ancien président Soglo, c’est son communiqué rendu public mi-juillet 2025 dans lequel il alertait l’opinion publique nationale et internationale sur une supposée exploitation médiatique et politique de son géniteur, âgé de 95 ans.
En effet, Ganiou Soglo fustigeait la diffusion répétée, sur plusieurs semaines, d’images montrant son père Nicéphore Soglo « faisant l’apologie des réalisations du président Patrice Talon ». Dans le communiqué de presse, il souligne que le premier président de l’ère du renouveau démocratique, dont l’état de santé se fragilise avec l’âge, n’est plus toujours en mesure de s’exprimer librement. Ainsi, Ganiou Soglo mettait en garde fermement les éventuels commanditaires et toute personne ou autorité susceptible de s’adonner à de telles pratiques contre toute récidive de ce qu’il qualifie d’abus de faiblesse. « Toute nouvelle tentative d’instrumentalisation de l’ancien président Soglo à des fins de propagande sera considérée comme un acte malveillant avec toutes les conséquences que cela engendrera », a-t-il menacé. L’ancien ministre des sports était choqué de voir les images de son père en fauteuil roulant sur des chantiers réalisés par le gouvernement sortant.
Cependant, il n’a pu mettre en exécution sa menace puisque entre fin 2025 et avril 2026, ces images de son géniteur ont inondé les médias avec l’engagement du « vieux » dans la campagne électorale. Ganiou Soglo s’est également abstenu de prendre position pour ou contre la candidature de Romuald Wadagni qui succède certes à Patrice Talon, mais dans la continuité du pouvoir en place depuis 2016. Cette posture des fils de l’ancien chef de l’État reste une première en temps d’élection au Bénin ; en tout cas depuis trois décennies.
La Rédaction