Après sa retraite sanitaire annoncée il y a quelques mois : Yayi désormais très actif

(L’ancien président béninois aperçu au Gabon)

Annonçant, fin octobre 2025, son retrait de la scène pour raisons de santé, subséquemment aux douloureuses épreuves que son parti Les Démocrates a vécues lors des élections générales de 2026, l’ancien président béninois Boni Yayi semble avoir tourné cette page de discrétion. Depuis quelques semaines, ses apparitions sur la scène internationale se multiplient, contrastant avec les inquiétudes suscitées par son absence prolongée même pendant les campagnes électorales et les jours des différents votes, en janvier et avril derniers.

Déjà mi-avril 2026, la présence remarquée de l’ancien chef de l’État béninois à la cérémonie d’investiture du président congolais Dénis Sassou Nguesso, réélu à la tête de son pays, avait surpris plus d’un. Cette présence de Boni Yayi en Afrique centrale marquait son retour progressif dans les cercles diplomatiques africains, après plusieurs mois d’effacement.

Ce regain d’activité de l’ancien président du parti d’opposition Les Démocrates s’est confirmé ce début du mois de mai 2026 au Gabon. En effet , à Libreville, dimanche 3 mai, Boni Yayi a pris part à un double événement de portée internationale. L’occasion du premier anniversaire de prestation de serment de Brice Clotaire Oligui Nguema en qualité de président élu, marquée par l’inauguration d’un complexe des conférences internationales dont un palais des congrès baptisé Omar-Bongo-Ondimba et le lancement officiel de la première édition du Forum international de Libreville, un rendez-vous annuel axé sur « l’innovation et le développement ». Cette double cérémonie a connu le déplacement de six chefs d’État africains avec à leurs côtés l’ancien chef de l’État du Bénin, Boni Yayi.

Au plan national , par contre, Boni Yayi s’était fait particulièrement discret. Récemment, ce n’est que via ses canaux digitaux de communication qu’il a fait signe de vie à travers son message de félicitations adressé au nouveau président élu du Bénin, Romuald Wadagni qu’il désigne par son fils. Il faut souligner que l’absence de l’ancien président béninois des élections législatives et communales de janvier 2026, puis de la présidentielle d’avril, avait alimenté la polémique. Certains le croyaient toujours grabataire et poursuivant sa retraite sanitaire même si en janvier il avait été déjà aperçu à une activité publique dans sa commune d’origine, Tchaourou où il avait assisté à une cérémonie en hommage à un universitaire de renom de la même localité.

Aujourd’hui, sans pour autant réapparaître sur la scène politique nationale, l’ancien président affiche une présence soutenue à l’international. Une posture qui pourrait traduire une volonté de repositionnement stratégique parmi ses anciens amis hauts dirigeants, loin des tensions à l’interne.

Reste à savoir si ce retour progressif de Boni Yayi au-devant de la scène débouchera sur une hyperactivité sur l’échiquier politique béninois les prochaines semaines, ou s’il s’inscrit dans une nouvelle phase de réorientation vers les grandes rencontres continentales et internationales pour toujours maintenir son riche carnet d’adresses.

Il est à préciser que sur la décennie finissante (2016-2026), Boni Yayi s’est farouchement opposé à la gouvernance de son successeur Patrice Talon mais son objectif de reconquérir le pouvoir dans l’opposition n’a pas prospéré puisqu’il a essuyé plusieurs échecs. Dans ce bras de fer entre anciens alliés au pouvoir, ses partis Fcbe duquel il a démissionné pour créer Les Démocrates n’ont pu prendre part convenablement aux différents scrutins de 2019 à 2026. Par finir, il a dû abandonner aussi le parti LD, refusant également de siéger au prochain Sénat né d’une révision constitutionnelle qu’il n’a pas approuvée.

La Rédaction

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