Direction de l’Office du Baccalauréat au Bénin : Alphonse da Silva, plus de 15 ans au poste

(Un record dans l’efficacité, un remplacement qui suscite toujours polémique)

À la tête de la Direction de l’Office du baccalauréat (Dob) depuis le 1er février 2011, le professeur Alphonse da Silva totalise, ce 19 juin 2026, quinze années plus quelques mois de service à ce poste stratégique. Une longévité exceptionnelle dans l’administration béninoise qui continue d’alimenter les débats, tant elle est associée à des résultats unanimement salués pendant que certaines langues estiment que c’en est trop.

Au fil des années, l’ancien syndicaliste et enseignant du supérieur s’est imposé comme l’un des visages les plus connus du système éducatif béninois. Sous sa direction, l’organisation du baccalauréat a connu de profondes mutations, notamment grâce à la modernisation et à la numérisation progressive des procédures administratives.

Cette réforme a contribué à renforcer la crédibilité de l’examen, avec une réduction considérable des risques de fuite d’épreuves et une plus grande transparence dans la désignation des différents acteurs impliqués dans le processus, qu’il s’agisse des surveillants, des secrétaires, des correcteurs ou encore des membres des jurys de délibération.

La longévité au poste du Dob Alphonse da Silva est surtout associée à l’efficacité de sa gestion souvent mise en avant. Pour de nombreux observateurs, grâce à son management, le baccalauréat béninois est aujourd’hui considéré comme une référence dans la sous-région ouest-africaine. Une réputation qui vaut au professeur Alphonse da Silva une importante cote de popularité dans l’opinion publique.

Cette reconnaissance explique en partie les réactions que suscitent chaque fois les rumeurs relatives à son éventuel remplacement. Déjà en 2021, des spéculations avaient circulé sur son départ imminent. Finalement, un acte officiel était venu confirmer son maintien poste, signe du renouvellement de confiance des plus hautes autorités.

Cependant, ce point de vue ne fait pas l’unanimité. Certains observateurs s’interrogent sur l’opportunité de maintenir aussi longtemps un même responsable à la tête d’une direction de l’administration publique, même lorsque les résultats sont au rendez-vous. Ils soulignent que d’autres cadres ayant enregistré des performances appréciables à des postes ont été appelés à exercer d’autres responsabilités.

C’est notamment le cas du Dr Roger Koudoadinou, nommé directeur des Examens et Concours en décembre 2017 avant d’être remplacé en novembre 2024 par le professeur Natta. Ce dernier, promu récemment au gouvernement en qualité de ministre des Enseignements maternel et primaire, a lui aussi cédé sa place à Karimou Inoussa Biao. Pourtant, ni l’un ni l’autre n’étaient contestés sur leurs résultats. Dans les discussions, d’aucuns citent également l’ancien Directeur des examens et concours, le professeur Mahougnon Kakpo promu ministre plus tard et aujourd’hui plusieurs fois député et membre du bureau du Parlement.

Pour les partisans d’une alternance à la tête de l’Office du baccalauréat, le pays dispose de plusieurs compétences capables d’assurer la relève. Alphonse da Silva, de par son expertise, pourrait être utile à une fonction.

Entre la nécessité de préserver une dynamique qui a fait ses preuves et le principe du renouvellement des responsabilités dans l’administration publique, le débat demeure vif dans certains cercles notamment des forums WhatsApp. Une chose reste toutefois importante à ne pas occulter : au-delà du cas Alphonse da Silva, après tant de temps « sur place », il y a la routine et l’usure qui pourraient s’installer.

Anselme ORICHA

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