
Deux mois après notre analyse, en manchette, dans la parution du 15 juin 2026, sur l’avenir politique de trois figures majeures du précédent pouvoir, deux d’entre elles ont déjà trouvé un nouveau point de chute. Pascal Irénée Koupaki siège désormais au Sénat, tandis que Abdoulaye Bio Tchané désigné membre du Conseil économique et social est élu président de l’institution. Reste une interrogation : quelle destination ou quel poste pour Édouard Ouin Ouro ? Le nouveau Sénat pourrait-il l’accueillir en tant que Secrétaire général ?
L’interrogation formulée par notre rédaction le 15 juin 2026 trouve progressivement des éléments de réponse. En effet, il y a deux mois, alors que le nouveau président de la République, Romuald Wadagni, venait de prendre les commandes du pays, le sort politique de trois personnalités ayant occupé de hautes fonctions stratégiques sous Patrice Talon retenait particulièrement l’attention. Il s’agit de Pascal Irénée Koupaki, Abdoulaye Bio Tchané et Édouard Ouin Ouro qui ont été respectivement ministre d’État secrétaire général de la présidence de la République, ministre d’État chargé du développement et secrétaire général du gouvernement.
Aucune de ces trois figures n’avait alors été reconduite par le pouvoir Wadagni avant début juillet. Leur absence des premières nominations prononcées à partir du 24 mai 2026, date de l’investiture, avait alimenté des spéculations sur une éventuelle retraite politique ou une pause avant une probable nouvelle mission républicaine. Le mois de juillet, les trajectoires de deux des personnalités concernées sont devenues plus lisibles.
Koupaki et Bio Tchané déjà recasés
Pascal Irénée Koupaki figure parmi les hautes personnalités appelées à siéger au Sénat, la dernière née des institutions de la République. Une nouvelle responsabilité qui prolonge, sous une autre forme, une longue carrière au sommet de l’État.
En effet, ministre de l’Économie et des Finances, ministre d’État, Premier ministre sous Boni Yayi, puis Secrétaire général de la Présidence de la République avec rang ministre d’État sous Patrice Talon, « Pik » demeure l’une des personnalités ayant traversé plusieurs séquences majeures de la vie politique et administrative dans l’appareil d’État béninois.
De son côté, Abdoulaye Bio Tchané a lui aussi retrouvé une position institutionnelle de premier plan. L’ancien ministre d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale sous Patrice Talon a été désigné membre du Conseil économique et social et élu par la suite président de l’institution.
Après avoir occupé pendant dix ans un rôle central dans le dispositif gouvernemental de Patrice Talon, le président du parti Bloc Républicain reste ainsi présent dans la vie des institutions de la République au Bénin.
Ces deux nominations apportent donc une première réponse à la question posée mi- juin par le journal La Guérite. Pour Pik, Abt il ne s’agissait manifestement pas, pour d’une sortie définitive de la scène publique. Ils continuent de mettre leur expérience au service de la République.
Et quel sort pour Édouard Ouin Ouro ?
Officiellement, rien n’est encore décidé pour Édouard Ouin Ouro. Ancien préfet de l’Atacora sous Mathieu Kérékou, puis directeur adjoint du Cabinet civil sous Boni Yayi, il a surtout marqué la présidence de Patrice Talon par son passage à la tête du Secrétariat général du gouvernement.
Pendant près d’une décennie, il a occupé ce poste stratégique, au cœur du fonctionnement administratif de l’exécutif. Une expérience qui lui confère une connaissance approfondie des mécanismes de l’État et des rouages institutionnels.
Quand on se rend compte qu’au nombre des anciens et fidèles collaborateurs du président Talon, au Palais de la République ou au gouvernement, Edouard Ouin Ouro fait partie des derniers (s’il n’est pas le dernier) à ne pas être encore repositionnés, l’on pourrait être tenté de l’inscrire, en pôle position, sur la liste des pressentis pour le Secrétariat général du Sénat, cette institution qui a connu récemment son installation effective et l’élection du trio dirigeant avec à sa tête l’ex-chef de l’État, Patrice Talon.
Eu égard au règlement intérieur du Sénat, validé par la Cour constitutionnelle, il est prévu un Secrétariat général pour la nouvelle institution.
Du Secrétariat général du gouvernement au Secrétariat général du Sénat, Édouard Ouin Ouro ne serait-il pas vu comme le profil idéal avec l’avantage qu’il connaît mieux les principes de Patrice Talon au-delà des responsabilités similaires qu’il aura à jouer ?
Une hypothèse, pas encore une nomination
Il ne s’agit, à ce stade, que d’une hypothèse. Mais politiquement et professionnellement, Ouin Ouro pourrait être choisi par le président du Sénat. Une image parlante datant de juin dernier revient à l’esprit : Patrice Talon à la cérémonie d’installation du conseil supérieur de mise en œuvre des résolutions issues du Cst dans le cadre de la réunification de l’église du christianisme céleste. On le voyait saluer chaleureusement Édouard Ouin Ouro, lui chuchotant quelque chose, puis serra la main à son ancien ministre de l’intérieur devenu rapporteur du Sénat et à Pascal Koupaki à qui il dit également un mot, probablement à propos de l’ex Sgg. Et tous sourirent. Leur parlait-il d’une belle surprise qu’il réserverait à Ouin Ouro ?
De toute évidence, Abdoulaye Bio Tchane, Pascal Irénée Koupaki ont déjà coché les cases de leur repositionnement. Edouard Ouin Ouro, Sg Sénat, il ne serait que le seul restant sur cette image expressive de fidèles collaborateurs proches de Patrice Talon à être recasés. Et ce serait dans la pure logique d’un processus qui a commencé depuis le 24 mai pour les premiers veinards.
Anselme ORICHA