Refus de gracier Madougou et Aivo : Talon aurait-il peur des enjeux politiques de 2026 ?

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Difficile d’espérer de si tôt une sortie de prison pour les opposants Reckya Madougou et Joël Aivo condamnés respectivement à 20 et 10 ans d’emprisonnement dans le cadre de la présidentielle de 2021. Après la rencontre qui a eu lieu lundi 27 novembre 2023, à la présidence de la République entre le chef de l’État et les membres du parti d’opposition Les Démocrates, les espoirs se sont éteints chez nombre de Béninois qui étaient dans l’expertative. Et pour cause, le Président Patrice Talon a opposé une fin de non-recevoir à la doléance de grâce formulée en faveur de l’ancienne ministre de la justice et du professeur de droit constitutionnel. Sous les projecteurs des médias, le chef de l’État n’a pas eu froid aux yeux en répliquant à son prédécesseur Yayi Boni qu’il ne compte pas gracier Madougou et que sa position est claire sur cette sollicitation. Et d’ajouter : “Parfois le pardon peut être une faute”. C’est justement cette phrase que Patrice Talon a lâchée qui alimente depuis 72 heures l’actualité. Aux détenus de prestige, le Président Talon n’est pas dans la logique de pardonner pour les exilés. Il dit qu’il a pris aucun décret envoyant ces Béninois concernés en exil. Selon plusieurs observateurs, analystes et même des citoyens rencontrés par une équipe de Guérite TV Monde, il ne pouvait en être autrement puisque Patrice Talon, exilé entre 2012 et 2015, et devenu président en 2016 est un exemple du pardon dont il a bénéficié de Yayi Boni. Ils estiment donc que les enjeux de la présidentielle 2026 en sont pour beaucoup dans ce refus catégorique affiché par le chef de l’État. Autrement, Patrice Talon n’oserait pas tomber dans cette ”erreur politique momunentale” commise par Yayi Boni. Même la loi d’amnistie introduite par l’opposition au Parlement pourrait être impactée par cette position tranchée prise publiquement par le chantre de la Rupture. Patrice Talon, eu égard à ces différentes opinions et lectures, aurait-il vraiment peur de négocier le tournant des élections de 2026 avec Reckya Madougou et Joël Aivo en liberté ? L’actualité politique au Bénin n’a certainement pas encore écrit ces dernières lignes. 2026 est loin, même si c’est si proche.

La Rédaction