Faible taux de participation aux dernières élections sous la Rupture : Les ministres conseillers : quelle plus-value?

(Voici ce que Talon aurait dû faire)

Patrice Talon a travaillé. Son bilan est inégalable depuis 1960, clament beaucoup de Béninois. Dans maints domaines, particulièrement sur les plans infrastructurel et touristique, les réalisations de son gouvernement, ces dix dernières années, attirent du monde de par leur qualité et leur beauté. Des trésors royaux, entre-temps exposés à la présidence de la République, jusqu’aux sites des VodunDays à Ouidah, en passant par les places publics et monuments érigés, ce sont des millions de Béninois visiteurs curieux qui sont déjà enregistrés. Et au quotidien, ces lieux reçoivent toujours de visiteurs. Mais le hic, c’est le grand fossé entre ce constat et le taux de participation des populations aux élections. Il est faible et certains observateurs n’hésitent pas à l’interpréter comme un désaveu à la gouvernance actuelle. Pourtant la nomination des ministres conseillers est intervenue dans le but de redresser la pente.

Même si conformément à l’article 3 du décret N° 2024-006 du 09 janvier 2024, il est écrit noir sur blanc que le Collège des ministres conseillers à la Présidence de la République a pour mission de contribuer à la définition de la politique du gouvernement, au suivi de la mise en œuvre du Programme d’action et des initiatives du gouvernement, de participer à l’élaboration des politiques sectorielles et de contribuer à l’élaboration des discours politiques dans lesquels il fait valoir les idées, les options et les opinions du gouvernement de manière à informer la population et à lui expliquer certaines prises de position du gouvernement, il est important de rappeler tout de même qu’en optant pour la nomination de ministres conseillers que d’aucuns avaient pourtant critiqué en parlant de ministres bis, le président Patrice Talon était bien dans la logique d’occuper le terrain politique, mieux vendre les actions de son gouvernement et impacter positivement les populations notamment les incrédules ou indécis.

En rencontrant la presse nationale, le 8 février 2024, Patrice Talon a été d’ailleurs clair. Pour lui, la nomination des ministres conseillers se justifie par la nécessité de recentrer l’action politique au cœur de la gouvernance. À bien le suivre, depuis 2016 que son gouvernement est en place, il y a « des fonctions qui ont été confiées à des gens qui n’ont pas du tout de chapeau politique, alors que ce n’est pas eux qui ont œuvré à conquérir le pouvoir ».

Ces gens dont parlait le chef de l’État ne sont rien d’autres que les technocrates et experts nommés au sein de son équipe gouvernementale du fait de leurs compétences techniques mais ils sont souvent éloignés des réalités politiques et sociales. A en croire le président Talon, bien que leur rôle soit crucial, leur manque d’ancrage politique posait problème.

Ainsi, les ministres conseillers sont une invention, pensée pour combler ce fossé car, selon la conception de Patrice Talon, ces acteurs sont des personnalités politiques proches des populations et répondent à un enjeu de représentativité, surtout dans un contexte où les ministres du gouvernement sont souvent « la tête dans le guidon ». C’est ainsi que le président de la République a pensé qu’ « Il est impératif que ceux qui ont la tête dans le guidon aient à leur côté des conseillers, […] des gens qui portent la vision, qui connaissent les réalités du terrain ».

Il y a un peu plus d’un an, douze ministres conseillers, en tant qu’intermédiaires entre le gouvernement et les populations, ont été donc nommés pour jouer un rôle clé, eu égard à leur proximité avec le terrain.

Quelle plus-value ?

À trois mois du départ du président Patrice Talon du pouvoir, et après les scores non reluisants de participation aux dernières élections communales, législatives et bientôt présidentielle, quel bilan peut-on faire quant à cette réforme opérée malgré les critiques populaires ?

À vrai dire, les fruits semblent ne pas tenir la promesse des fleurs. Certains des 12 ministres conseillers n’ont pu réellement renverser la tendance malgré les moyens à leur disposition. De Cotonou à Malanville en passant par Parakou, Nikki, que de réalisations concrètes et modernes. Mais l’adhésion spontanée des populations qui doit se traduire par un engouement et un vote massif lors des scrutins électoraux ne s’observe pas, et inquiète. Patrice Talon n’a t-il pas tort en pensant que la solution magique réside dans cette réforme et dans la nomination des mêmes têtes qui gravitent autour de lui depuis 2016, et sans ancrage politique pour la plupart ? L’idéal n’aurait-il pas été de faire avec de nouvelles figures jeunes et sages capables de faire changer agréablement la donne ?

La Rédaction

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