
Au Bénin, l’Assemblée nationale, dixième législature sera installée courant fin première semaine de février 2026. Pour la plupart, les anciens députés ont retrouvé leurs sièges à la proclamation des résultats des législatives du 11 janvier dernier. Dans le même temps, de nouveaux visages feront leur baptême du feu, pendant qu’un nombre non négligeable de leurs collègues élus pour la première fois la législature finissante, n’ont pas pu rééditer l’exploit. Sans avoir de précision sur les statistiques, il faut souligner que ces derniers sont issus, aussi bien du camp de la mouvance que de l’opposition. Les raisons de leur échec ou de leur non réélection sont dues, pour les uns, à leur non positionnement sur les listes Up-r ou Br ; et pour les autres, ils ont été positionnés mais n’ont pu décrocher leurs sièges respectifs. Dans l’ensemble, ils sont de diverses circonscriptions électorales et catégories socioprofessionnelles. Goûter aux avantages et privilèges liés au poste et en prendre goût avec un train de vie hors du commun, puis se voir sevré brusquement, après seulement trois ans. C’est difficile à accepter. Pour preuve, à la faveur de la fronde qui a secoué récemment le parti Les Démocrates , sa députée transfuge Chantal Adjovi a bien martelé : « Je ne veux pas être députée pour un seul mandat. J’ai juste fait trois ans. …>>. Voilà qui est clair. Tant le bifteck parlementaire est délicieux qu’elle n’entend rien lâcher. Heureusement que la députée Chantal Adjovi, qui a démissionné du parti Ld pour la mouvance , a pu renouveler son siège. Qu’en serait-il alors des députés qui sont désormais loin du Parlement après seulement une législature? C’est la croix et la bannière, pour eux les sept ans prochains. Rebondir, reste pour eux le plus difficile. Surtout en cette fin de pouvoir. Pour ceux d’entre eux dont le souhait serait de retourner au Parlement ou de se faire nommer à un autre poste politique à la hauteur de celui du député, il faudra qu’ils aient la chance d’être dans les bonnes grâces de la prochaine administration politique qui va s’installer. Et pour ceux qui auront la casquette d’opposants jusqu’au prochain pouvoir, ce serait plus compliqué pour eux voire une gageure de connaître une nomination ou de reprendre leur place au Parlement après une élection dans sept ans où les réalités sur l’échiquier politique serait tout autre, d’abord du point de vue des acteurs et d’autres part des enjeux et surtout de la vision du nouveau président de la République . Dans le présent contexte, qu’on soit dans l’un ou l’autre des camps,, le risque de n’avoir été qu’une seule fois député de sa vie est visiblement là. Quel sort donc pour Edmonde Fonton, Hélène Olossoumaï, Brice Fagbemi, Kamel Ouassagari, Midofi Antonin Hounga, Gafari Adéchokan, Akim Radji, Viviane Orou Tama, Edwige Tossa, les mois ou années à venir ?
J.B