De Kérékou à Wadagni : Zul Kifl Salami, 80 ans, « toujours dedans“

À 80 ans, Zul Kifl Salami demeure l’une des personnalités les plus constantes dans les sphères du pouvoir au Bénin et de la haute finance à l’international. Son parcours exceptionnel et certainement son influence, lui ont permis, sur des décennies, de s’imposer comme collaborateur incontournable à plusieurs chefs d’État qui se sont succédé dans la gestion du pays. De Kérékou à Talon, il a toujours été nommé à un haut poste. Peut-être que Wadagni, investi le 24 mai 2026 n’aura pas aussi le choix.

Né le 12 juin 1946, Zul Kifl Salami a célébré ses 80 ans le vendredi 12 juin 2026. Économiste de formation et homme d’État reconnu, il s’est imposé au fil des années comme une référence dans les domaines de la planification économique, de la coopération internationale et de la mobilisation des investissements.

Sous le régime du président Mathieu Kérékou, il a occupé plusieurs fonctions stratégiques, notamment celles de ministre d’État, ministre de la Planification, de la Stratégie et de l’Analyse économique, ainsi que ministre délégué auprès du président de la République chargé du Plan et de la Statistique. Son expertise lui a ensuite permis de conserver une place de choix dans l’appareil d’État sous la présidence de Boni Yayi, où il a exercé les fonctions de ministre d’État chargé de la Planification et du Développement.

Avec l’avènement de Patrice Talon en 2016, Zul Kifl Salami a de nouveau été appelé à servir l’État. Il a été nommé chargé de mission du président de la République, Conseiller de chefs d’État, ce docteur en économie a été ministre d’État en Centrafrique.

Son expérience et son expertise lui valent aussi d’être le représentant du Bénin (souvent appelé gouverneur) auprès de grandes institutions financières internationales. Il siège, en effet, au Conseil des gouverneurs de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et de la Banque islamique de développement.

Zul Kifl Salami participe activement aux organes de coopération régionale et internationale ( membre du Conseil des ministres de l’Union monétaire ouest-africaine, de la CEDEAO et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique).

Pour le compte de son pays, Zul Kifl Salami s’est particulièrement illustré dans le renforcement des partenariats avec les pays saoudiens ou arabo-islamiques en général et a fortement contribué à mobiliser auprès de ces États d’importants ressources destinées au financement de projets structurants pour le Bénin.

Ancien candidat à la présidentielle de 2006 et 2016, Zul Kifl Salami a un CV long comme le bras et semble devenir incontournable aux pouvoirs successifs de son pays comme la seule clé pour avoir accès aux États du Golfe. Malgré le poids de l’âge, il est toujours dedans, c’est-à-dire dans les arcanes du pouvoir. Et demain n’est visiblement pas la veille de sa retraite. À cette allure, on est tenté de dire que le pouvoir de Romuald Wadagni, n’aura de choix que de composer, de nouveau, avec ce nom qui résonne dans les tympans des Béninois depuis des décennies. Surtout si jusque-là, aucune compétence n’a émergé et ne s’est imposée aux pays arabes islamiques.

Anselme ORICHA

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