
À peine une semaine après son investiture en tant que président élu de la République du Bénin, Romuald Wadagni met le turbo quant au réchauffement et la normalisation des relations de bon voisinage avec les pays frontaliers notamment ceux de l’Alliance des États du Sahel (Aes) : Niger, Burkina Faso et Mali.
Lors de son discours après sa prestation de serment, le 24 mai 2026, le nouveau chef de l’État béninois a été clair : « Avec nos voisins, nous mettons un accent particulier sur l’approfondissement de la coopération régionale. Le Bénin continuera d’agir pour la stabilité, le dialogue et le respect (…) Ma conviction est que, dans une sous région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble », a déclaré Romuald Wadagni tout en réitérant la disponibilité du Bénin à agir de concert avec ces États pour venir à bout de ce fléau qu’est le terrorisme.
Mais déjà, en dévoilant son projet de société, en mars dernier, dans le cadre de la campagne électorale, le candidat Wadagni avait souligné la nécessité de « repartir vers certains de nos voisins qui peinent à nous faire confiance », car insiste-t-il : « Nous devons nous parler, …nous n’avons pas le choix… La nature nous a fait voisins et on ne pourra rien y faire. Autant collaborer davantage pour apporter beaucoup plus la sécurité, la prospérité pour tous »,
En face, visiblement, la disponibilité ne manque pas non plus. En témoigne la présence d’une forte délégation, et au plus haut niveau, des pays de l’Aes à la cérémonie d’investiture du nouveau dirigeant béninois. En tout cas, quand on sait qu’entre le pouvoir de Cotonou et les pouvoirs de Niamey, Ouagadougou et Bamako, ces cinq dernières années, les relations se sont dégradées, en dépit des efforts de main tendue faits par l’ex-chef de l’État du Bénin, Patrice Talon, cette participation, fortement saluée d’ailleurs, des États voisins à l’investiture du président Romuald Wadagni donne le signal d’une ouverture diplomatique et de dialogue dans la sous-région ouest-africaine.
Cette balle au bond, il fallait la saisir. Le gouvernement béninois semble s’inscrire dans cette dynamique avec une tournée diplomatique entamée par le président de la République et une délégation composée de membres de son gouvernement notamment. Après le Nigeria où il a échangé hier lundi 1er juin avec son homologue Bola Tinubu, le président Wadagni, dans le cadre de ses premières visites officielles dans l’Afrique de l’ouest, est attendu au Niger et au Burkina Faso, ce mardi 2 juin.
Test grandeur nature pour la diplomatie Wadagni
Dans le cadre des relations glaciales qui s’observent depuis peu entre le Bénin et les États de l’Aes, ce qui intéresse davantage les Béninois et l’opinion internationale, c’est la réouverture de la frontière côté Niger avec le Bénin afin que le commerce et les affaires en général reprennent de plus belle. Aussi, le renforcement de la sécurité dans la zone entre les deux pays est très attendu. Tout ceci passe par le dialogue, les négociations au plus haut niveau pour des accords solides et sincères, bénéfiques aux peuples liés par l’histoire.
Le gouvernement du président Wadagni, à travers sa diplomatie est suivie de près de par le monde dans ce dossier considéré comme une patate chaude. Réussira-t-il à décrocher cette réouverture de la frontière dans les heures qui suivront cette visite ? En dehors du chef de l’État Romuald Wadagni, qui est le plus en vue, osons le dire, c’est un premier test grandeur nature également pour les ministres Corinne Amori Brunet et Gildas Agonkan, en charge respectivement des Affaires étrangères et de la Défense nationale.
La Rédaction