Ère Wadagni : Les premiers chanceux

(Entre appétit d’une nomination, crainte d’être sauté et suspense maintenu, ça bat la chamade chez des milliers de Béninois)

Dans son discours d’investiture dimanche 24 mai 2026, Romuald Wadagni, président élu de la République du Bénin, a affirmé connaître « les attentes immenses qui accompagnent ce mandat » et qu’il connaît ‘ aussi les impatiences et parfois les inquiétudes de certains » de ses compatriotes… Mais à vrai dire, au-delà de la question du social, c’est-à-dire de la matérialisation de la croissance économique dans le panier de la ménagère, ce qui préoccupe également les Béninois, c’est l’ouverture du pouvoir, avec en prime la promotion de nouvelles têtes. Le nouveau chef de l’État, chef du gouvernement, chef suprême des armées, grand maître des ordres nationaux le sait peut-être.

Depuis la soirée de son investiture jusqu’à ce jour, le nouveau président investi du Bénin a déjà prononcé une trentaine de nominations. Outre les 24 ministres qui seront ses bras opérationnels dans le pilotage des dossiers, Romuald Wadagni a pris d’autres décrets nommant des collaborateurs à la Présidence et au sein du gouvernement. Du secrétaire général de la Présidence de la République à la secrétaire particulière du chef de l’État en passant par le ministre porte-parole du gouvernement, le secrétaire général du gouvernement, le secrétaire général adjoint de la Présidence , le chef du cabinet du président de la République et les deux conseillers techniques, l’opinion publique a déjà une idée des premiers veinards de l’équipe du Septennat de l’ère Wadagni.

Depuis au moins cinq jours, les attentions de nombre de Béninois sont focalisées sur les nominations. À l’orée de ce nouveau pouvoir, même si le passage de témoin a été fait dans la continuité, il ne passe plus de jour ou d’heure sans qu’on ne soit câblé, connecté et attentif aux décisions présidentielles en attendant les effets induits au niveau des ministères et autres structures de l’administration publique. Entre appétit d’une nomination, crainte d’être sauté et suspense maintenu, ça bat la chamade chez des milliers d’acteurs et même dans des familles.

En effet, élu à plus de 94% des suffrages et dans les conditions particulières de convergence et de fédération de presque toutes les obédiences autour de sa candidature, beaucoup attendent d’être récompensés. Qu’on ne se leurre point, toute cette ferveur populaire observée en mars-avril derniers avec les nombreux mouvements et creusets qui ont émergé, ne l’a pas été de façon désintéressée.

La lutte sera rude entre 2026 et 2033, car même ceux qui étaient dans les bonnes grâces, ces dix dernières années avec l’ex-président Patrice Talon, ne veulent pas se laisser botter aussi fatalement à la touche. En face, pour de nombreux jeunes, c’est ce Septennat ou rien. Ainsi, le pouvoir Wadagni fera face à ce défi de promotion et de « recasement » de cadres dans tous les secteurs, qui, nul doute, fait partie également des attentes immenses, des impatiences et inquiétudes des Béninois. Et Dieu sait que le banc d’attente dans le couloir est très long.

La Rédaction

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