
Au commencement, pendant la campagne électorale, en 2016, était la promesse volontaire de faire un mandat unique de cinq ans bien que la Constitution béninoise ait prescrit qu’il est renouvelable une fois. En 2021, Patrice Talon se tape un second mandat au terme d’un processus électoral contesté, avec à la clé des dégâts matériels, humains et des emprisonnements. Faut-il le rappeler, à la faveur d’une révision constitutionnelle intervenue deux ans plus tôt (2019), les dates des élections et de la prestation de serment ont été modifiées. Ainsi, l’homme du 6 avril 2016 prête serment pour son second quinquennat, le 24 mai 2021 soit le quatrième dimanche du mois de mai. Le renouvellement du bail est donc acté.
Tout calcul fait, l’actuel locataire du Palais de la Marina en a encore jusqu’à la nuit du 23 mai 2026 puisqu’au matin du 24 mai, il devra officiellement, comme dans une course de relais, passer le témoin et céder les clés du Palais présidentiel à son successeur et dauphin élu, Romuald Wadagni. Le président sortant Patrice Talon égrène donc dès ce 23 avril 2026, son dernier mois du bail dont le contrat aura finalement fait 60 mois fois 2 plus une cinquantaine de jours.
Avec les résultats du scrutin présidentiel du 12 avril, entérinés par les institutions républicaines habilitées, ce départ du pouvoir du chantre de la Rupture, qui constituait un doute dans certains esprits, s’est visiblement estompé. Plus d’une fois, Patrice Talon a pourtant déclaré et rassuré qu’il était pressé de céder le fauteuil présidentiel à celui qui aura cette grâce de lui succéder pour qu’il puisse jouir convenablement de sa « retraite ». Avec la deuxième révision de la Constitution, le chemin est tout tracé pour celui que d’aucuns surnomment l’architecte de l’émergence du Bénin. En effet, en tant que membre de droit (ancien chef de l’État), il va siéger dans la Chambre haute du Parlement : le Sénat ; cette nouvelle institution républicaine que le Bénin va expérimenter dans les semaines et mois à venir.
La Rédaction