Parti d’opposition Les Démocrates : Et si la démission de Yayi était stratégique ?

Sauf changement de dernière minute, le parti d’opposition Les Démocrates tient, ce vendredi 06 mars 2026, une réunion importante. C’est d’ailleurs ce qu’on retient des explications données par le secrétaire national à la communication du parti, Guy Dossou Mitokpè, à l’issue de la réunion de crise tenue dans l’après-midi du mercredi, après la double démission enregistrée par la formation politique, dont celle de Boni Yayi de la présidence du parti et celle de son fils Chabi Yayi, qui a également claqué la porte.

La démission de Boni Yayi et de son fils Chabi Yayi, le 3 mars dernier, c’est-à-dire à 72 heures de ladite assise projetée, n’est-elle pas à analyser sous toutes les coutures ? En tout cas, cette démission suscite assez d’interrogations.

En effet, le parti Les Démocrates se retrouve à la croisée des chemins. Non seulement il se trouve à la fin d’un cycle, c’est-à-dire à la fin du mandat du régime de la Rupture avec à sa tête le président Patrice Talon, auquel il s’est opposé notamment sur la gouvernance, mais aussi le parti n’a pu tirer son épingle du jeu à la suite des élections législatives, tout comme il n’a pu participer aux élections communales. Ce n’est pas tout : le parti sera également absent à la prochaine élection présidentielle, n’ayant pu accorder les violons autour de son duo candidat désigné.

Avec la démission de Boni Yayi de la présidence du parti, l’on est tenté de se demander si l’ancien président n’est pas dans l’anticipation des décisions qui découleraient de la réunion de ce vendredi. Le parti tendrait-il à se repositionner sur l’échiquier politique national ? Ce repositionnement pourrait consister à préparer les militants à s’aligner en toute liberté derrière l’un ou l’autre des candidats (Wadagni ou Hounkpè) à la présidentielle, ou encore à s’abstenir. Il pourrait également consister à déblayer le terrain à un appel, le moment venu, à voter pour un seul candidat.

Alors, Yayi a-t-il vu venir, par exemple, une consigne de vote dans les prochains jours au profit du candidat de la mouvance ? Si tel est le cas, alors s’il demeurait toujours le président des LD, il pourrait donner caution à la parole de Patrice Talon qui avait déclaré qu’il pourrait se retrouver autour d’un même candidat pour la présidentielle, lors d’un entretien accordé à Jeune Afrique et même face à la jeunesse au Palais de la République, il y a quelques mois. Une déclaration que le parti Les Démocrates avait tôt fait de rejeter en bloc.

Tout porte à croire que Boni Yayi n’entend pas donner sa bénédiction à une « prophétie » qui pourrait être vue comme une complicité entre les deux hommes par certains citoyens.

Le retrait intervenu à quelques heures seulement avant la rencontre annoncée est-il alors une stratégie pour ne pas prêter officiellement flanc à une telle orientation ? Les jours à venir nous edifiéront davantage.

Anselme ORICHA

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