Dans un précédent article, notre rédaction a mis en lumière la faible représentation des femmes dans les instances de décision politique, notamment à l’Assemblée nationale ainsi qu’au sein des exécutifs communaux. En effet, sur les 109 députés que compte le Parlement béninois, seulement 28 femmes siègent au titre de la dixième législature. Un chiffre qui, sans l’obligation légale imposant un quota, serait tombé à quatre élues seulement.
Plus préoccupant encore, au sein du bureau de l’Assemblée nationale, une seule femme figure parmi les sept membres. Le constat est tout aussi mitigé au niveau communal, où l’on ne dénombre que quatre femmes maires sur les 77 communes que compte le Bénin. Une situation qui semble traduire un manque de volonté politique de promouvoir davantage les femmes aux postes stratégiques de décision.
Cependant, s’il est légitime de promouvoir la gent féminine dans les instances de prise de décision, il importe également que celles qui aspirent à ces responsabilités travaillent à mériter leur place. Le Bénin a connu par le passé de grandes figures féminines, à l’instar de feue Rosine Vieyra Soglo, qui ont démontré par leur engagement qu’elles étaient à la hauteur des responsabilités assumées. Par leurs prises de parole, leur militantisme et leur dévouement à la chose publique, elles ont su s’imposer sur l’échiquier politique national.
Aujourd’hui encore, il est crucial que les femmes désireuses d’occuper des postes de responsabilité s’inspirent de tels parcours. Bien que le contexte politique ne soit le même et bien que la loi électorale garantisse des sièges aux femmes à l’Assemblée nationale, celles-ci doivent prouver, au-delà de l’exigence légale, qu’il ne s’agit pas d’une faveur, mais d’un mérite. Cela suppose une présence active sur le terrain politique, des interventions pertinentes, un engagement constant et une contribution significative au débat public. C’est à ce seul prix qu’elles pourraient lever définitivement les obstacles qui persistent et encourager davantage de femmes, non seulement à s’intéresser au militantisme politique mais à s’imposer lors des positionnements sur les listes électorales. Car, aucune lutte ne se gagne sans volonté ferme, sans engagement constant et sans ténacité. Si ces valeurs sont réunis et les femmes faisaient également preuve de solidarité, il serait difficile pour les hommes de justifier leur absence des instances dirigeantes et décisionnelles.
Au-delà des pesanteurs socioculturelles souvent évoquées pour justifier la faible représentation féminine dans les instances de prise de décision, il est à constater qu’il y a certaines femmes, une fois élues, notamment au Parlement ou dans les conseils communaux, elles deviennent peu audibles. Leurs voix se font discrètes, leurs actions également. Elles accordent moins d’intérêt aux questions d’intérêt général, ce qui affaiblit leur visibilité politique et suscite moins l’émulation. Une évolution des mentalités et des comportements apparaît donc nécessaire afin de favoriser un véritable équilibre des genres dans les sphères de décision politique. Le Rwanda et bien d’autres pays y sont parvenus et cités comme exemple sur le continent africain et dans le monde.
Anselme ORICHA