
Élu député de la 10e législature, Louis Koukpémédji, par ailleurs directeur général de la Société béninoise pour l’approvisionnement en produits de santé (SOBAPS), a démissionné de ce dernier poste pour incompatibilité. Sa note de démission a été rendue publique à la cérémonie d’installation des élus parlementaires, le dimanche 8 février 2026 à Porto-Novo. Si ce choix opéré par le docteur pharmacien et élu de la 20e circonscription électorale situe dorénavant son suppléant, ceci n’est pas encore le cas chez plus d’une douzaine de suppléants de ministres, maires et directeurs de cabinet, devenus députés.
Conformément à la loi n°2024-13 du 15 mars 2024, relative aux incompatibilités applicables aux députés, en ses articles 159 et 160, il est strictement interdit le cumul du mandat de député avec des fonctions gouvernementales, des mandats exécutifs locaux ainsi que des postes de direction au sein d’entreprises bénéficiant d’avantages publics.
Au nombre des personnalités qui se retrouvent actuellement dans un choix cornélien figurent quatre ministres du gouvernement de la Rupture, dont Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État (élu de la 13è circonscription électorale, sur la liste Bloc républicain) ; Assouma Alimatou Shadiya, ministre de l’Industrie et du Commerce (siège féminin, 13è circonscription, BR) ;Yayi Éléonore, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (siège féminin, 10è circonscription, BR) ; Jean-Michel Babalola Abimbola, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts (22è circonscription, Union progressiste le Renouveau).
Outre les membres du gouvernement, plusieurs maires se trouvent également dans ce dilemme. Il s’agit notamment de Luc Sètondji Atrokpo, maire de Cotonou (16è circonscription, UP-R) ; Charlemagne Yankoty, maire de Porto-Novo (19è circonscription, UP-R) ; Inoussa Chabi Zimé, maire de Parakou (8è circonscription, BR) ; Cyriaque Domingo, maire de Houeyogbé (élu BR, 18è circonscription électorale) ; Félicien Azonsi Danwouignan, maire de Zakpota (24è circonscription, BR) ; Abdoulaye Alassane Nouh, maire de Pèrèrè (8è circonscription, UP-R) ; Bio Sarako Tamou, maire de Banikoara (2è circonscription, UP-R).
Ce n’est pas tout
Claudine Afiavi Prudencio, ministre conseiller à la Santé (siège féminin, 6è circonscription, UP-R), est appelée aussi à faire un choix. Tout comme elle, Herman Orou Takou, directeur de cabinet du ministre de l’Économie et des Finances (7è circonscription, BR).
La douzaine dans le cas maintient à juste titre le suspense
Jusqu’à ce jour, les concernés ne se sont pas encore conformés à cette exigence de la loi. Ils sont toujours dans le délai prescrit, faisant languir l’opinion et leurs suppléants respectifs, en l’occurrence puisque l’article 166 du Code électoral stipule que tout député se trouvant en situation d’incompatibilité dispose d’un délai de vingt (20) jours à compter de son entrée en fonction pour abandonner le poste concerné. En cas d’option différée, ce délai peut être porté à trente (30) jours. À défaut, la sanction est sans appel : la démission d’office du mandat parlementaire, sans incidence toutefois sur l’éligibilité future de l’intéressé.
En tant qu’humains, les suppléants seraient en union de prières, retenant ainsi leur souffle. Chaque jour qui passe avant l’échéance des 30 jours serait long et à suspense pour eux.
Les titulaires opteront-ils tous pour siéger pendant 7 ans ou laisseront-ils l’opportunité à leurs suppléants ? Le moins qu’on puisse dire, il serait difficile à la ministre de l’Enseignement supérieur, Éléonore Yayi Ladékan, de retourner au gouvernement, elle qui est annoncée à la tête d’une des cinq commissions de l’Assemblée nationale. Difficile aussi pour les maires non reconduits aux communales de démissionner du Parlement. Il en est de même pour les ministres et directeurs de cabinet qui n’ont aucune garantie de la hiérarchie d’être reconduits ou promus ailleurs, en mai prochain après l’élection présidentielle. Une chose est sûre, dans quelques jours, tous les suppléants seront situés.
Anselme ORICHA