Assemblée nationale, 10ème législature : Des figures majeures, Ex-Prd, absentes

● Honfo, Bahou, Apithy…, la chicotte de Houngbédji ?

La mandature 2026-2033 du Parlement béninois sera sans Charlemagne Honfo, Michel Bahou, Jean-Claude Apithy et bien d’autres, qui sont des figures majeures de l’ex-Parti du Renouveau Démocratique (Prd), un parti politique entre temps absorbé par l’Union progressiste le renouveau. Le fait suscite curiosité et interrogations. Si le critère mis sur la table pour positionner les candidats sur les listes de la mouvance, dans le cadre des législatives du 11 janvier 2026, avait été un nombre très limité de mandats passés à l’Assemblée nationale, l’absence de ces anciens cadres tchoco tchoco n’étonnerait guère. Mais dans le même temps, au sein du même Parlement, d’autres ont été positionnés et réélus pour un cinquième voire un sixième ou septième mandat.

Des cadres de l’ex-Prd ont-ils soufflé à la Haute Direction politique de l’Up-R qu’ils renoncent à tout mandat électif, les législatives en particulier ? Difficile de répondre par l’affirmative. Mais au regard de certains faits, l’on est tenté d’affirmer que c’est une option indépendamment de la volonté des concernés. En effet, à bien observer, les positionnements pour le compte des élections législatives du 11 janvier n’ont pas pris en compte ces figures connues des électeurs dans les fiefs réputés être de l’ex formation politique au logo arc-en-ciel.

Quelques mois plutôt, à la faveur de la crise sur l’existence légale ou non du Prd après l’accord avec l’Up-R, des responsables Tchoco tchoco avaient exprimé, dans des émissions, un mécontentement quant au traitement que subit le parti dirigé par Adrien Houngbédji, ancien président de l’Assemblée nationale. Si dans le cadre des élections législatives de 2023, certains cadres, à l’instar de Jean-Claude Apithy et Charlemagne Honfo, ont pu profiter de leur positionnement comme premier et deuxième titulaire dans la 19ème circonscription électorale pour accéder à la 9ème législature, cette fois-ci, ils ont été visiblement laissés sur le quai. Dans la 20ème circonscription électorale où un certain Bahou Michel jouit d’une popularité incontestable, les récents positionnements ne l’ont pas non plus pris en compte. Ce dernier, bien qu’il ait réaffirmé son soutien et son engagement sans faille aux actions du pouvoir de la Rupture, n’a pas caché son amertume, dimanche dernier dans une émission sociopolitique sur la radio Gerddes Fm, eu égard au choix des candidats sur la liste UP-R et le mépris à son égard pour ce qu’il représente dans cette zone.

…frappés par la chicotte de Houngbédji ?

Comparaison n’est pas raison, certes. Mais à y voir de près, certains leaders de l’ex Prd qui avaient quitté la barque plus tôt pour rejoindre le parti Up devenu Up-R à la faveur de la fusion, sont titulaires et reconduits au Parlement. Les cadres qu’on peut considérer aujourd’hui comme encore proches du leader charismatique Adrien Houngbédji paient-ils, eux autres, le prix de la récente fronde Prd au sein de UP-R et de la fidélité au patriarche ? Autrement dit, est-ce la « chicotte » brandit contre la prise de position de Me Adrien Houngbédji dans cette polémique qui a frappé ses lieutenants ? Autant d’interrogations sans réponse.

Cependant, quand on sait qu’au même moment d’autres cadres de l’ex-Prd sont maintenus ministre au gouvernement, à la vice-présidence de la République ou ailleurs, on pourrait être tenté de mettre un bémol. La non reconduction des cadres comme Honfo, Bahou, Apithy et consorts à l’Assemblée nationale pourrait être stratégique. Servir la République n’est pas seulement au Parlement, rétorqueraient certains observateurs. Le pouvoir de Patrice Talon pourrait avoir un autre plan pour ces cadres ex-Prd dont le non positionnement sur la liste pour un retour au Parlement suscite moult analyses dans certains cercles.

J.B

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