
Avec la retraite sanitaire de Yayi Boni, amorcée depuis fin octobre 2025, qui l’a d’ailleurs éloigné, pour la première fois de ses lieutenants candidats aux législatives et communales du 11 janvier 2026, et avec la confirmation par la Cour constitutionnelle des résultats provisoires prononcés le week-end dernier par la Cena, le parti Les Démocrates (Ld) est à la croisée des chemins. Aucun siège à lui attribué au prochain Parlement, et le parti n’aura non plus de conseillers élus dans les communes ou municipalités puisqu’ayant été recalé. La pilule doit être amère à avaler pour les cadres et autres militants de ce parti de l’opposition dirigé par l’ancien chef de l’État, Yayi Boni. Cette pilule doit être encore plus amère s’il faut se référer au nouveau contexte né de la récente révision de la Constitution. En effet, c’est parti pour 7 ans de gouvernance (au lieu de 4 ou 5 ans préalablement) aussi bien à la tête de l’Assemblée nationale, des mairies qu’à la tête du Bénin. Pour les plus jeunes de l’opposition qui s’attendaient à faire l’expérience au sein des conseils communaux ou de l’Assemblée nationale, c’est un rêve qui vient ainsi d’être brisé. Il en est de même pour ceux qui ont eu ce privilège de goûter aux délices ou aux avantages de la politique mais qui souhaitaient les préserver ou les maintenir à la faveur des élections-ci. Voilà que les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Quand on sait que la plupart des élus de la législature finissante ne l’ont pas été sans l’aura de Yayi Boni, alors qu’à la moindre petite difficulté ils n’ont pas hésité à le renier et à lui tourner dos récemment pour la mouvance, l’on est en droit de s’interroger sur la posture prochaine du reste des cadres et militants après cet orage. À l’instar d’un certain Valentin Djènontin Agossou, un dur à cuire, un fidèle des fidèles à Yayi malgré les péripéties, Eugène Azatassou, Éric Houndété, Abiba Dafia, Alassane Tigri, Kamar et Kamel Ouassagari, Guy Mitokpé, Abib Woroucobou, Kolawolé Ogbon, Célestin Hounsou, Akim Radji, Gafari Adéchokan, Nadine Okoumassoun, Rufin Zomahoun, Antonin Midofi Hounga, Hélène Olossoumaï, pourront-ils maintenir la flamme allumée sur le prochain septennat en se reclamant toujours de l’opposition et singulièrement yayiste pur et dur ? La biche finit par aller à la rivière, dit-on. Qui de ceux dont les noms viennent d’être cités atterriront les premiers à la rivière, et qui parmi eux bomberont-ils fièrement le torse les sept prochaines années comme dignes lieutenants, gardiens du « temple » et de la préservation des longues années d’héritage politique et social de Yayi ?C’est un véritable défi pour ces hommes et femmes politiques, se revendiquant toujours du parti Ld malgré la tempête et surtout le brouillard qui, pour l’heure, empêchent de voir l’horizon au loin.
J.B